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Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /2009 15:40

GUINEE CONAKRY

L'histoire de la littérature guinéenne débute avec l'Enfant noir, roman autobiographique publié en 1953 par Camara Laye. Peu après, en 1960, Djibril Tamsir Niane le suivi avec Soundjata ou l'Épopée mandingue. La production littéraire guinéenne naissante fut cependant rapidement stoppée net par le régime de Sékou Touré. Ce dernier, peu ouvert à la critique, n'avait  pas apprécié les critiques formulées à l'encontre du gouvernement par Camara Laye dans Dramouss en 1966.

Cette sévérité du régime de Sékou Touré explique la faiblesse de la production littéraire de la Guinée au cours des années 70-80. Elle explique également que les écrivains ont été, au cours de cette période, en grande majorité issus de la diaspora (Aloum Fantouré, William Sassine, Tierno Monénembo, etc.).

Le gouvernement guinéen, actuellement plus tolérant, permet à de nombreux écrivains de publier depuis leur pays. Notons par exemple, le cas de Boubacar Diallo qui puise son inspiration dans le surnaturel (la Source enchantée, 1992).
 
CAMARA LAYE

 


Camara Laye est né en 1928 en Guinée et il est décédé en 1980 au Sénégal.

Il est le descendant d'une famille très attachée aux traditions. A la fin du lycée, il  quitte la Guinée pour suivre en France des études de mécanique qui lui valurent un diplôme d'ingénieur. C'est dans ce pays qu'il écrivit en 1953 son premier roman, l'Enfant noir (1953), très autobiographique et dans lequel il évoque son enfance guinéenne.

Ce roman, très apprécié en Europe et particulièrement en France, produit un effet contraire en Afrique. Certaines critiques somme même franchement hostiles. On lui reproche par exemple d'avoir donné une image stéréotypée et idyllique de l'Afrique coloniale, ceci en pleine période de combat pour la décolonisation.

L'année suivante, Laye publia un deuxième roman, le Regard du roi (1954), récit allégorique et initiatique dont le héros, un Blanc qui s'est fait rejeter par ses compatriotes, tente d'accéder à la sagesse profonde de l'Afrique avec l'aide de maîtres spirituels noirs.

En 1956, Laye décida de rentrer en Guinée où il exerça des fonctions importantes au ministère de l'Information. Mais quelques années plus tard, il prit ses distances avec le pouvoir dictatorial et s'exila définitivement à Dakar, où il travailla comme chercheur à l'IFAN. C'est au cours de cette période qu'il rédigea Dramouss (1966), la suite de l'Enfant noir, qui raconte la déception du héros lors de son retour au pays natal. Ce roman, qui tient de l'allégorie et du pamphlet, est en réalité une violente critique contre le régime de Sékou Touré. Publié au Sénégal où il s'était exilé, son dernier livre, le Maître de la parole (1978), est la transcription d'une épopée orale consacrée à Soundiata, empereur mandingue mort en 1255. Fruit d'une enquête de vingt ans menée auprès des griots malinkés, cet ouvrage précieux nous donne accès à l'une des plus grandes chansons de geste de la tradition négro-africaine.

Bibliographie


L'Enfant noir, 1953
Le regard du roi, 1954
Radiance of the king
Dramouss, 1966

Par acs - Publié dans : Littératures
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